
Est-ce un renouveau ? Un recommencement ? Un éternel retour ? Redevient-on ce que l’on a été ?
J’ai ressenti cela hier lors du salon du livre à Jard-sur-Mer, où malgré la vue sur le port de plaisance, les visiteurs sont venus… visiter, les mains dans les poches, quand ils avaient des poches… mais ils étaient surtout en train de peaufiner leur futur bronzage et je les comprends bien.
Toujours est-il que j’ai refait surface dans un salon du livre après presque 6 mois d’absence et j’ai été accueilli par certains auteurs avec un "tiens, t’es là ?" ou "On ne te voyait plus, on croyait que t’avais arrêté ?!". Et puis, j’ai retrouvé cette ambiance entre gens qui croient avoir fait le meilleur des livres (c’est toujours le meilleur de toute façon !), les petits arrangements, les petites mesquineries, les sourires faux-culs, les critiques, surtout les critiques. Et les gens qui, parfois, n’ont peur de rien et ne semblent pas croire qu’ils peuvent recevoir un pain dans la tronche tellement leurs propos peuvent être blessants, injurieux. Le client est roi ? Mouais… y’a des bornes des limites à ne pas dépasser, quand même ! (genre un exemple parmi tant d’autres, une dame qui vient avec une copine et qui désigne la couverture de mon roman fantastique Les estranges aventures de Léonard de Plancy et qui dit à voix haute "non mais c’est moche là, carrément, et il faut se pencher pour lire ! C’est vous qui l’avez fait ?" Moi : "oui". Et elle de repartir comme si de rien n’était.)
Alors, était-ce moi ou ce monde de "lettrés" n’avait pas bougé d’un iota ? Était-il demeuré dans cette soupe qui parfois me donnait le sentiment de m’engluer ? Ou était-ce moi qui avec mes multiples mues (pour un Gémeaux, c’est un peu dans la nature disons !!), mes crises et mes doutes depuis ces derniers mois considérait ce monde étrange ? Étais-je décalé ? A côté de la plaque ?
J’avais néanmoins l’impression sincère et durable de recommencer à zéro : je me suis souvenu de mon premier salon du livre, de ce que j’ai ressenti, des regards, des critiques, du fait que j’étais "encore un peu jeune" semblait-il. Comme une seconde vie littéraire, je revoyais ce que j’avais vécu, les visages souriants et d’autres beaucoup moins. Avec cette absence, j’ai cru que je recommençais mais différemment. Ça, c’est sûr ! Mon regard change, mon point de vue s’affine, j’affûte mes armes et ma pierre à polir.
Alors quoi ? je ne sais pas… c’est vraiment étrange ce sentiment. Est-ce que tous les auteurs traversent ce passage ? Faut-il aller jusqu’au bout ? Et pourquoi, dans quel but après tout ?
Purée, parfois, j’ai envie de crier : "vivement le niveau supérieur !"
Toujours est-il, cependant, que j’ai revus quelques visages sympathiques, que je remercie les organisateurs pour leur boulot (bosser également un1er mai, c’est pas toujours évident) et que c’est mon recueil Visages éphémères qui s’est démarqué des autres livres !
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