
Comme convenu, me revoici avec des nouvelles de mon 1er marché de Noël qui avait lieu à Dompierre-sur-Yon, petite bourgade vendéenne non loin de La Roche-sur-Yon.
Bref.
Je commençais à appréhender cet évènement : d’abord parce que c’était une première fois et que ce monde de commerçants des marchés de Noël n’a rien à voir avec le monde (étrange) des auteurs et des éditeurs et puis aussi, à cause du magnifique temps tout pourri qui régnait au-dessus de ma tête ce samedi 15 décembre. Quand je dis magnifique, je veux dire tempête, orage, coups de tonnerre, terrain glissant et tout gadoue… bref, une vraie carte postale et une vraie invitation à tout courageux de braver les intempéries pour vivre la magique ambiance de Noël.
Le truc, c’est que déjà, personne ne se parle, tout le monde se fait la tronche (vous avez combien de mètres carrés, vous ? Vous êtes d’où ?) alors quand toi, t’arrives avec le sourire, en disant bonjour à tout le monde et en proposant des livres alors que tous vendent les sempiternelles bougies et autres bijoux "faits main", bon, eh bien, comment dire, on ne te regarde pas franchement d’un bon oeil.
Et toi, tu cherches ton emplacement (les organisateurs, super gentils au demeurant, avaient la veille au soir tenté de corriger le tir en mettant les stands les plus "fragiles" à l’abri) qui se trouve être dans un gros courant d’air, près de l’espace buvette tenu par des adolescents de 12/1 5 ans.
Là, tu te dis : "pourquoi ? Qu’ai-je fait ? Est-ce raisonnable ?"
Eh bien, cher lecteur avisé, sache que je me suis trompé : après un début laborieux où j’allais presque me morfondre de désespoir et de froid, voilà que les promeneurs sont arrivés sans se préoccuper du temps ! J’y croyais plus ! Et des gens un peu barrés venir à mon stand, tout surpris de voir un auteur (plutôt beau mec il faut l’avouer, n’est-ce pas, malgré son nez rosi de froid et surtout un peu plus jeune que la moyenne des exposants), de voir des bouquins et la possibilité d’avoir une ‘tite dédicace ! Et de profiter de la formidable offre des éd. les Alchimistes du Verbe (offre toujours valable jusqu’à la fin du monde, au fait, le 21/12/2012 inclus) !
Y’en a qui me racontent leur vie, d’autres me parlent de leurs projets, mais il y aussi une lycéenne qui écrit un roman et qui veut des conseils, un prof qui souhaite me faire intervenir auprès de ses collégiens, une mère de 4 enfants me dit qu’elle avale tous les bouquins qu’elle trouve, que c’est son moment à elle et qu’elle veut 4 de mes bouquins d’un coup (elle rit, elle rougit, elle est en burn-out, c’est pas possible autrement !), une autre femme totalement le cliché des Desperate Housewives ne cesse de s’exclamer "C’est formidable ! C’est beau !" en regardant chacun de mes petits livres. Je fais une pause, je file voir les jeunes d’à-côté qui vendent des gâteaux que leurs mamans ont élaborés avec soin, je prends un moelleux au chocolat et retourne au front.
Le défilé se poursuit : un cheminot m’avoue qu’il lit quelques lignes de poésies entre 22h et 5h durant son service (gloups… note pour plus tard : ne pas prendre le train à cette heure-ci dans ce coin de la France), poésie qu’il souhaite partager avec son adolescente de fille, il me dit qu’il est lui aussi "éso" (avais pas tout compris au départ), des mamies également passent par mon stand, etc.
Finalement, je suis claqué mais je n’en reviens pas : je crois que j’ai créé une certaine surprise au milieu des bougies, vins chauds, bijoux et autres foulards… Une expérience très intéressante. Je pense que j’aime être là où on ne m’attend pas et ça marche plutôt bien, semble-t-il.
Je recommencerai, c’est sûr.
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