Les possibles lecteurs

©Lola Guerrera

Avant toute chose, je tiens à remercier les nombreuses lectures du prologue du roman fantastique Alter Ego et des quelques commentaires reçus par mail, sur FB ou via le Neil’s blog, c’est toujours touchant et cela me donne du baume au coeur. j’ai envie d’y croire, encore un peu, juste un peu… me battre pour que cette histoire vive au-delà de moi, de mon imagination, me battre pour que d’autres la ressentent, la commentent, l’intègrent puis l’envoient au gré des rencontres vers d’autres mains, vers d’autres yeux.

Certains me posent la question du "quand est-ce qu’on te verra en salon du livre ? En dédicace ?" ou alors "ben on te voit plus ces temps-ci ?!"

Je suis très partagé car j’ai très envie d’aller à cette rencontre avec mes lecteurs, mes possibles lecteurs parfois et en même temps, j’avoue que cela me fait du bien de ne pas trop traîner mes guêtres dans les salons. Voilà depuis décembre dernier que je n’ai pas mis un pied dans une de ces messes du livre et j’en retire certaines choses, des leçons sur moi, mon regard s’affûte sur certains "auteurs", sur l’ego qui se détache de tout cela.

Peut-être que cela tombe à pic ! Parce que c’est vrai qu’il y a toujours les belles promesses, les racontars entre auteurs, les jalousies, le regard et le verbe gentil voire amadouant pour parfois mieux poignarder quand les talons se tournent ou s’effacent. Et puis, je suis quelqu’un qui aime voir d’autres têtes, entendre d’autres rengaines, admirer d’autres paysages. Je suis un amoureux de l’ailleurs, les pieds ici et la tête au loin… un "cosmic", disait-on en fac, un "élève obscur" pour une prof de philo… Ouep.

Oui, cela tombe sûrement à pic avec ma traversée actuelle, moi qui remettais en cause mon écriture, ma volonté de poursuivre ou pas, ma possible capacité à proposer du rêve, le l’évasion… oui, ceci explique peut-être cela.

Mais rassurez-vous chers possibles lecteurs, je reviendrai d’ici peu, l’oeil alerte, je reviendrai vers vous, à vous, pour vous parce qu’après tout, il n’y a que vous et moi, non?!

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7 réflexions sur “Les possibles lecteurs

  1. Belle reflexion je trouve… Et puis les salons ne sont-ils pas, à la base et d’un point de vue purement pragmatique, de simples "outils de travail" pour les auteurs ? Peut-être qu’il est bon d’en relativiser effectivement l’importance afin de modérer l’influence de leur univers ?

    C’est exactement la démarche que j’ai eu avec le monde des expos, et si cela a eu quelques conséquences professionnels, je ne peux qu’admettre que ça m’a aussi permis de me rapprocher de certains fondamentaux. En cela je ne regrette rien.

  2. Je ne peux que plussoyer David… Comme on ne peut miser tout sur le même cheval, on ne peut se baser sur les salons uniquement : les salons sont une vitrine, qui montre beaucoup, mais cache tout autant. On ne montre ce que l’on veut, et l’on cache le pire. C’est souvent ce qui me déçoit. Mais cela tu as certainement déjà du le vivre.
    Ensuite, il ne faut pas voir les salons comme le seul moyen de rencontrer des lecteurs… J’ai entendu parler de café philo, pourquoi pas des café littéraires ? :: Sinon, l’éternel internet est un moyen efficace, mais tu semble déjà le maîtriser, Neil ;)

  3. Il y a ce côté vitrine avec ses plus et ses moins, certes, mais ce sont surtout les "à côtés humains" et l’inévitable communautarisme qui peuvent dans de tels rassemblements être parfois un peu délicat à gérer humainement parlant…

    En clair, c’est un monde avec ses codes, ses règles, et donc fatalement ses élites (qui souvent savent qu’elles le sont, des élites…). Aussi sûr que certains acceptent ce principe sans soucis et s’intègrent, que certains même s’y complaisent, parfois avec passion, d’autres ont plus de mal à s’y retrouver, à jouer le jeu (au premier comme au second degré), car il est fatalement nécessaire de laisser à la porte d’entrée une partie de soi-même.

    A chacun d’estimer dans quelle mesure ce qui est laissé sur ce pas de porte est important ou non, de peser les pour et les contre, les avantages tirés et les inconvéniants subis, et bien sûr d’en tirer la conclusion qui s’impose. A cette fin, un break est toujours une bonne chose très instructive.

    Personnellement, ayant un caractère fort et peu enclin à la compromission, j’ai très vite perdu pied dans de tels rassemblements. Ce qu’il me fallait laisser dehors était une part trop grande de moi-même. ça ne m’a en outre pas empêché, par conventionnisme, de subir certaines influences qu’aujourd’hui je regrette, car elles m’ont "éloigné" quelque part des fameux fondamentaux dont je parle plus haut.

    En limitant mes participations, j’ai renoué avec des valeurs que je sais aujourd’hui importantes, essentielles mêmes. Et si j’ai conscience de payer au quotidien le prix de ce choix professionnellement (moins bonne visibilité, marginalité vis à vis du "système" et de ses attentes), j’ai au moins l’immense satisfaction d’être droit dans mes bottes. Quitte à galérer -puisqu’intégrer le système et ses codes ne garanti pas pour autant la réussite-, je ne peux qu’admettre que ce gain est absolument énorme en terme de démarche personnelle et d’intégrité.

  4. @ David : merci pour ton com, je vois également ce que tu veux dire avec la perte des fondamentaux et laisser une part de soi, même si dans mon cas, c’est un passage nécessaire… tu vois, j’oscille, je cherche, toujours ! (Et là, je me souviens de ces soirées sur les marches de Graslin….)
    @ P.A. : Merci de me suivre toujours depuis ce temps, j’apprécie bcp ! Il y a le pire comme le meilleur dans ce genre d’endroits, avec des gentils et des cons partout, des prétentieux et des humbles, des gens qui ont la grosse tête alors que, finalement…. Pour le Net, ouep, j’essaie en tout cas !

  5. Il y a un temps pour les salons, il y a un temps pour la réflexion et l’écriture. Les salons ouvrent tout de même l’horizon, soulèvent aussi un peu la chappe de solitude qui parfois nous enferme trop dans notre coquille (pas forcément de Saint-Jacques). Les salons permettent de belles rencontres quand même. Les mauvaises ben ma foi, on les oublie. Les élites ? bah, en général, elles ne se reconnaissent même pas entre elles. Le mot "élite" leur convient-il d’ailleurs vraiment ? Je reste convaincue que les plus en vue ne sont pas les meilleurs, tant pis si on me taxe de prétentieuse. Les plus petits (enfin, ceux que l’on considère comme tels) eh, bien disons qu’ils prennent plaisir sur les salons à se rencontrer, à partager. Moi franchement pour faire référence à Mennecy j’ai été bien contente de te rencontrer. Mon voisin de gauche était aussi super sympa, ceux de droite qui se sont relayés les deux jours pas disconvenables non plus. Mais je suis sûre que je ne vais pas tarder à me lasser de ces grands-messes. C’est fatiguant aussi. Physiquement et, comment dire mentalement ou moralement. David fait effectivement une très bonne analyse. Trop de salons aussi peut-être. On dit que la littérature ne nourrit pas son homme (pas plus que sa femme) et on n’a jamais vu fleurir autant de salons du livre que depuis 2 ou 3 ans.
    Quant à ta traversée Neils, prends le temps de la faire lucidement et reviens-nous, ici, et aussi un peu sur les salons. On a tous des moments difficiles et l’on est souvent bien seul, aussi seul que devant sa feuille blanche ou son écran. Car l’écrivain reste un mystère pour le commun des mortels. Un "cosmic" dis-tu … quel écrivain, quel poète ne s’est-il pas posé cette question … et la question sans réponse t’oblige à "faire avec", avec tes rêves, avec tes illusions, avec tes cheminements différents, avec tes visions dérangeantes parfois.
    A bientôt, et rapporte-nous, Petit Prince, quelques jolis grains de sable de ta traversée …

  6. je vois également ce que tu veux dire avec la perte des fondamentaux et laisser une part de soi, même si dans mon cas, c’est un passage nécessaire… tu vois, j’oscille, je cherche, toujours ! (Et là, je me souviens de ces soirées sur les marches de Graslin….)

    Est-ce vraiment un passage si nécessaire ? Là encore d’un point de vue pragmatique.

    Les vitrines sont objectivement indispensables dans un business, c’est complètement vrai, mais force est d’admettre qu’elles ne se résument pas à cette seule possibilité que sont les salons.

    J’en veux pour preuve ton blog, ici même ! Je préfère infiniment te suivre et te (re)découvrir dans ce contexte où ta seule loi règne, où tu ne laisses rien à la porte, et je suis convaincu que je ne suis pas le seul.

    Du coup je te pose ces questions : que souhaites tu donner par ton écriture, et à qui souhaites tu le donner ? Quel prix es-tu prêt à payer pour ces choix ?

    Tu évoques Graslin, bien vu…. Mais tes reflexions, et nos rencontres, ce qu’elles ont inspiré, auraient-elles été les mêmes à un autre endroit de Nantes ? Aurait-elles été les mêmes à un endroit qui t’aurait été indirectement imposé, ou qui auraient paru "nécessaires" sur le moment ? Te souviens-tu de l’accélération ? De cette conscience de l’instant d’après, du décallage ? De ce relativisme de présent qui amenait à mieux le comprendre, le maîtriser ? De la constance dans l’inconstance ?

    Je ne dis pas qu’il ne faut plus faire de salons, juste qu’il est peut-être temps d’en relativiser l’importance, d’en mesurer à tête reposée et avec un peu de recul la réelle nécessité, pour les aborder peut-être un peu différemment au profit pourquoi pas d’autres "vitrines" qui te correspondraient mieux, aussi bien humainement qu’artistiquement, c’est à dire dans l’intérêt de ton écriture comme de ta personnalité.

    Moi je suis convaincu que les carcans, même les plus libertaires, sont des poisons pour toi. Tu ne t’es jamais aussi bien exprimé qu’en étant totalement libre, sur des territoires où finalement peu d’auteurs s’aventurent. Peut-être est-ce, plus largement, cette reconquête qu’il te faut travailler ?

    Je ne sais pas… Mais en tout cas je trouve le questionnement de cette page très symptomatique d’un renouveau de bon augure… Continues !!!

  7. @ Solange ; merci pour cet élan et cette énergie positive à mon encontre, cela me touche ! J’espère que l’on se reverra rapidement !
    @ David : oh je vois que cette discussion nous emmène loin… je n’oublie ce dont nous avons parlé il y a déjà fort longtemps il me semble. Un renouveau dis-tu, hum hum… le printemps l’ami, le printemps et étrangement 2012 est bien plus porteuse de questions et de virages et de décisions que je ne le croyais ! tant mieux !

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